Nelly Saunier, une vie pour la plume

Parure aérienne de la coquetterie féminine, attribut historique de la puissance virile ou véritable medium de communication entre tribus, la plume est une matière à multiples facettes.

Nelly Saunier, plasticienne plumassière y consacre sa vie.

 Bijoux, accessoires, vêtements, costumes de théâtre et d’opéra, mobilier, décors… Le métier de cette artiste qui se définit comme un parurier de plumes  est de  « façonner et de mettre en scène ce matériau merveilleux en une multitude d’effets de matières ». 

Elle amène du « spectaculaire et de la féminité » aux créations des géants de la haute couture (Jean Paul Gaultier ou Olivier Theyskens pour Nina Ricci), délie ses doigts d’or pour les cinéastes les plus connus (Luc Besson a fait appel à ses talents pour les costumes des « Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec ». Enfin, elle répond aux désirs de ceux pour qui la beauté n’a pas de prix.

Mais d’où vient cette passion pour ce métier si  peu connu ?

« La plume et moi, c’est une histoire d’amour » nous avoue celle qui à l’âge de 14 ans a découvert le métier de plumassière en cherchant une forme d’expression au travers d’une matière. Précise et minutieuse, elle voulait s’orienter vers les formations de la main. 30 ans plus tard, cet amour est toujours intact.

Hérons, aigrettes, canards ou marabouts  fournissent à Nelly Saunier, la matière première dont elle a besoin. Brocanteurs, plumassiers ou éleveurs sont ses intermédiaires mais il arrive parfois, comme pour la remercier de l’hommage vivant qu’elle rend  à leur beauté, que ces créatures du ciel  laissent échapper entre ses mains un petit bout de leur parure colorée. Tel un enfant, cette amoureuse de la nature garde alors ce don du ciel comme « un véritable trésor».

 Mais au-delà de la simple plume, c’est tout l’univers de l’oiseau qui la fascine, « cet animal à part, voyageur, et d’une immense variété de races ».

Son rêve, elle le confie, serait de se rendre en Papouasie Nouvelle Guinée pour aller à la rencontre de celui qu’elle considère comme le plus bel oiseau du monde : le Paradisier, « un oiseau né pour la beauté ».

Cependant, aujourd’hui, c’est dans son appartement-atelier du XIVème arrondissement, véritable royaume de la légèreté, que ses livres d’ornithologie, de tribus plumassières et de chamanisme  alimentent constamment son inspiration.

Révéler la  beauté du monde naturel, de l’univers surnaturel et symbolique qu’il sous- tend, c’est aussi la passion de cette artiste pour qui le beau doit avoir du sens. 

« Mes œuvres  sont  des messages », affirme-t-elle. Le Dragon, une création spontanée, sorte de tatouage en volume se portant sur l’épaule, évoque à la fois son signe du zodiaque, sa personnalité et la mythologie chinoise de cet animal fabuleux. Le Tragopan,  un petit faisan de Chine dont les traits et la couleur du plumage s’apparentent  à ceux du dragon mythique et les tatouages des Yakusa japonais ont également guidé sa démarche créative.

Cette œuvre, symbole de force et de gentillesse pour laquelle elle a consacré neuf jours et neuf nuits d’un travail ininterrompu, est aujourd’hui visible dans une vitrine du Ministère de la Culture au Palais-Royal (et sur la page d’accueil de son site internet : www.nellysaunier.com).

 Nommée Maître d’Art en 2008 par le Ministère de la Culture et détentrice du Prix Liliane Bettencourt en 2009 pour l’Intelligence de la Main, Nelly Saunier espère, aujourd’hui, qu’un mécène accepte de financer  le projet dont elle rêve depuis longtemps.

Son ambition : « créer une œuvre  immense et compliquée qui conduirait les gens au musée et qui, tel un médicament, devrait procurer une sorte d’apaisement et apporter de la douceur pour soigner le stress de nos villes ».

En attendant, sa mission est de porter haut les valeurs de l’artisanat d’art français et de transmettre son savoir-faire aux futures générations de plumassières dont elle est, aujourd’hui, une des cinq dernières représentantes.

(Source : terreverdianenews.info)

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Géraldine Bernard


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« Grand’mère, raconte-moi ta vie ». Tous les soirs, petite fille, en vacances chez ma grand’mère, je lui faisais cette requête. Et tous les soirs avec le même plaisir enfantin, je la revoyais se cacher sous le lit de ses parents pour échapper aux cochons en furie de la ferme ou bien recevoir la gifle magistrale de son père après s’être coupée les cheveux. Depuis, écouter la vie des autres est devenu une vraie obsession… La raconter aussi. Je ne suis ni journaliste ni écrivain, juste une âme curieuse qui a besoin de s’enrichir au contact de l'autre.



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